Mes 20 ans au Maroc

C'était il y a 10 ans. Tout pile. Automne 2005. Départ pour Marrakech après ma première saison d'été. Trois mois de dure labeur qui allaient s'envoler, laissant place à la découverte d'un nouveau pays, d'une nouvelle culture, j'avais tellement soif d'aventure !

J'avais 20 ans. Et je sens encore la chaleur frôler mon visage. La peur. L'excitation. L'impression de tous les possibles. La beauté de ces paysages ensoleillés. La gentillesse des gens. La multitude de couleurs un peu partout.

Partir à la découverte d'un pays, c'était déjà à l'époque, pour moi, m'intégrer le mieux possible au mode de vie des habitants. C'est comme ça que je voulais apprendre. Et je n'ai pas eu de regrets.

Je n'avais encore jamais mangé à même l'animal. Partagé la chair d'un mouton. J'avoue que je n'ai pas réussi. J'ai fais semblant, par respect. Et ils ont fait ceux qui n'avaient rien vu, par respect aussi.

Je n'avais encore jamais été aussi grande. Lorsque je suis montée à dos de ce majestueux chameau. Ni aussi effrayée lorsque cet homme m'a installée sur l'âne au milieu du grand marché.

J'ai été honorée lorsque l'on a proposé à la personne qui m'accompagnait, de m'échanger contre quelques dirhams. Je ne sais plus combien. Mais je suis revenue en France, donc cela ne devait probablement pas suffire.

Emerveillée par les montagnes de l'Atlas. Par la bonté des habitants qui nous ont offert le thé. Assise au sol, sur cette terre rouge foulée chaque jour par ces femmes qui entretiennent leur maison, par leurs enfants qui jouent avec rien, et par la sagesse de leurs hommes fumant une cigarette.

J'ai adoré Essaouira et son poisson pêché minute, préparé avec tant de soin. Le sourire et l'humour de ce pêcheur-cuisinier qui a fait de ce repas un véritable spectacle. Ce fut un merveilleux souvenir gustatif. Une très belle rencontre humaine.

Les blancs et les bleus de cette ville. Les ruelles cachées. Les galeries d'artistes. Les glaces. Et l'air de la mer. Quelle belle journée. Oh oui. Vraiment.

Je dormais à Marrakech, à environ deux kilomètres de la place Jemaa-el-Fna. Je venais y boire un thé à la menthe chaque fin de journée. J'aimais observer la vie sur cette place. Les cracheurs de feu. Les dompteurs de serpents. Les danseuses du ventre.

J'ai passé tout un après-midi au jardin Majorelle. Il abrite l'atelier du peintre Majorelle. Et fut la dernière demeure d'Yves Saint Laurent. Le lieu est doux. Poétique. Charmant. Vibrant. Inspirant. Je me souviens encore de cette ambiance d'un autre temps. Cette beauté à l'état brut. L'envie d'y retourner ne m'a jamais lâchée.

Deux semaines là-bas. Et 10 ans plus tard, mes souvenirs restent intactes. Le sourire me vient toujours lorsque j'y pense. Mes sentiments sont toujours présents. Marqués par ce beau voyage.

Que le monde est beau de ses diversités. Qu'il est riche d'apprentissage. J'avais 20 ans. Je partais pour mon premier voyage de grande. Dans ce pays si différent du mien. Avec sa culture tout aussi différente. J'ai vu que malgré toutes ces distances, le coeur des Hommes était bien le même.

J'ai tant aimé ce pays. Tant aimé.

3 Comments

  1. by Zelda on 5 février 2016  11 h 15 min Répondre

    Pareil, je suis allée plusieurs fois au Maroc (dont 2 voyages très jeunes à 11 et 12 ans) et ce pays chaleureux, authentique et joyeux reste gravé dans mes souvenirs !
    Ce serait d'ailleurs difficile de le décrire tant ce sont des choses ressenties intérieurement, plus que des souvenirs concrets, même s'il y'en a aussi énormément ! Mais je me souviens d'un sentiment très fort ressentie lorsque que je rentrais en bus de la Vallée des Roses, je regardais les paysages, la lumière, le sourire des gens et j'ai ressenti un sentiments de plénitude très fort. J'ai compris que le bonheur était quelque chose de très simple, pas uniquement basé sur des choses extérieures, mais beaucoup plus intérieur. J'avais tout juste 21 ans.

    • by Bonheur Nomade on 10 février 2016  9 h 31 min Répondre

      Oui c'est cela, un sentiment de plénitude, presque une réponse à mes questions d'enfance et d'adolescence.
      J'ai compris que le bonheur ça pouvait être : un paysage, un sourire, un regard...

  2. by Zelda on 5 février 2016  11 h 16 min Répondre

    Je suis donc redevable à ce pays de m'avoir offert cela !

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